Clément Chevrier : « On parle de moi comme du Frenchie »

Clément Chevrier, 21 ans, a débarqué en Californie fin février. Visiblement très à son aise sur le sol américain, il a enlevé le classement général du Tour de San Dimas pour sa première course en tant que coureur professionnel. Rapidement devenu "le Frenchie de l’équipe Bissell" à surveiller dès que la route s’élève, l’ancien pensionnaire du Chambéry CF fait le point avec www.directvelo.com depuis le Colorado, où il est actuellement en stage pour préparer le Tour du Gila et le réputé Tour de Californie.

« Je suis arrivé aux Etats-Unis sans connaître la manière de courir, ni même le niveau de mes adversaires. Je n’avais aucune expérience, aucune donnée sur mes concurrents. Je ne savais pas qui pouvait être rapide au sprint par exemple. Mais cela a été un mal pour un bien sur les premières courses, car je n’ai pas eu peur de qui que ce soit. Je n’ai pas eu à faire de complexe d’infériorité. En course, je n’attends personne. Je tente ma chance.

« COMPLEMENTAIRE AVEC JAMES ORAM »

Les stages du début de saison et les deux premières courses par étapes ont aussi été l’occasion de découvrir le niveau de mes équipiers. Et je dois avouer être agréablement surpris. Sur le coup, j’ai même dû me remettre un peu en question. Cela m’a mis un bon coup de pied au cul, et c’est très positif. Il y a une véritable joie de vivre dans le groupe, un bonheur que l’on partage entre coureurs et staff. C’est très agréable. En course, j’ai vite pu trouver mes automatismes avec le reste du groupe. Dans l’équipe, on marche par paires. Moi, je suis en binôme avec James Oram, un coureur néo-zélandais qui marche très fort. On s’entend très bien depuis le début. Quand je suis arrivé aux Etats-Unis, à Santa Rosa, le 28 février dernier, on a effectué le premier stage ensemble. En course, nous sommes complémentaires. On fait d’ailleurs chambre ensemble. On a la même vision du vélo tous les deux. Il m’a bien aidé sur le Tour de San Dimas, et je lui ai rendu la pareille sur le Redlands Classic. Actuellement, je suis en stage à Boulder (dans le Colorado, NDLR), à 1700m d’altitude afin de préparer le Tour du Gila et le Tour de Californie. Et bien il m’accompagne encore !

« LES GENS SONT BEAUCOUP PLUS ACCUEILLANTS QU'EN FRANCE »

Que ce soit sur les courses récemment disputées ou sur celles qui arrivent, nous avons la même équipe. En fait pour faire simple, il y a un front de l’équipe qui est partie disputer des courses en Europe comme le Triptyque des Monts et Châteaux, ou le Tour d’Alentejo avec l’équipe nationale américaine U23. Quant aux grimpeurs de l’équipe comme moi, nous restons aux Etats-Unis pour une durée totale de trois mois. Pour le moment, je dois bien avouer que ma situation est vraiment royale ici. Je bouge entre Los Angeles, San Francisco, le Colorado, le Nouveau-Mexique... de belles régions sous le soleil ! Je n’ai pas à me plaindre. Je suis très bien hébergé. Je suis content de la manière de vivre ici. Les gens sont beaucoup plus accueillants qu’en France. J’en suis même mal à l’aise parfois. En tout cas, c’est plaisant à vivre. Maintenant, je ne dois pas oublier les raisons pour lesquelles je suis là. Je ne suis pas venu faire du tourisme, mais pour performer sur le vélo.

« D’AGREABLES RETOURS APRES LE TOUR DE SAN DIMAS »

Je voulais me rassurer dès les premières courses. J’ai pu le faire en remportant ma course de reprise, le Tour de San Dimas. J’ai été régulier sur les trois jours de course. La première étape était un petit chrono, un peu en col. C’était assez physique. J’y avais pris la huitième place, à une trentaine de secondes du vainqueur, mon ami James (Oram). Le lendemain, je me suis glissé dans une échappée qui a finalement été au bout. Il n’était pas évident de gérer tous mes compagnons de fugue, qui m’ont laissé faire l’essentiel du boulot puisque j’étais leader virtuel du général, étant le mieux placé de l’échappée. Finalement, on est resté ensemble jusqu’au bout et j’ai pu prendre le maillot. Le dernier jour, il s’agissait d’un critérium en ville. Les gars de l’équipe ont parfaitement contrôlé et j’ai pu décrocher le général. J’ai vite pu me faire un petit nom. Maintenant, on parle de moi comme du « Frenchie de l’équipe Bissell ». J’ai eu d’agréables retours après cette victoire. On m’a fait savoir que c’était une course réputée, avec quelques-uns des meilleurs Espoirs américains. C’est donc encourageant pour moi.

« FOCALISE SUR LE GILA ET LA CALIFORNIE »

Sur le Redlands Classic, j’ai pu montrer aux membres du staff et à mes équipiers qu’ils pouvaient compter sur moi. Ce n’était pas une course taillée pour les grimpeurs. Il y avait notamment un chrono de 12 kilomètres tout plat. Donc pas pour moi (rires). Malgré tout, j’ai réussi à bien me débrouiller en aidant au maximum l’équipe (12e du classement général final, NDLR). James (Oram) a terminé deuxième du général. C’était important pour moi de rassurer tout le monde. En plus, je suis conscient de coûter pas mal d’argent à l’équipe, notamment via les billets d’avions, l’hébergement, etc. Alors pouvoir faire des résultats en retour semble être un minimum. Je suis désormais focalisé sur le Tour du Gila (30 avril 4 mai) et le Tour de Californie (11 et 18 mai). Ce sont deux courses importantes pour moi. J’y pense depuis un bon moment. Je veux y être performant. Certes, la saison a bien commencé, mais je veux rester prudent. Les choses encore plus sérieuses commencent avec ces deux courses. Les dirigeants de l’équipe m’ont clairement fait savoir qu’ils m’attendaient sur les arrivées en sommet. Je veux jouer le classement général au Tour du Gila. La Californie, ce sera plus spécial. Il y aura beaucoup d’équipes WorldTour, et un contre-la-montre qui pourrait me coûter cher au général. Alors j’essaierai surtout de suivre les meilleurs le plus longtemps possible en montagne. »

Crédit Photo : bisselldevelopmentteam.com
 

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